# Little ones.
. Joe sans peur
. Salomé ~o//
. Lulea
. Mr O.
. Sand
. Who alt+3
. Myna

# Récurrences.
. Envole-moi
. Mélie
. Mlle Vie
. Pas perdus

# Misc sweet.
. Bob Dylan
. Post Secret
. Hatrack River
. Lewis Trondheim
. Over my shoulder
. Un jour à Paris
. Mathematics inside
. Philosophy inside



.
Je mets des couleurs dans ma vie
. Je construis une bibliothèque
. (insérez ici la version avec des romans)







dont wear sandals.

mercredi 1 juillet 2009

Somoza me fait (chaque fois) faire des cauchemars.
Cette nuit, ma petite soeur essayait de faire du ski. Non, c'était moi, finalement, sur les ski, lorsqu'il a fallu descendre et se diriger vers ces grandes étendues verglacées. L'homme qui voulait nous apprendre avait disparu, il n'y avait plus que de grandes plaques de glace dont je ne savais pas estimer la solidité. Puis l'eau. L'eau n'était pas glacée, elle était délicieusement tiède. Au milieu de l'étendue gris-blanc déserte, il y avait une toute petite fille sur une plaque de glace qui dérivait. Chaque fois que je coulais, je cherchais l'air et je cherchais surtout à ne pas la perdre de vue pour la rejoindre. Mais il y avait autour de moi beaucoup trop de vêtements, beaucoup trop de protections pour la rejoindre. Même un casque, autour de ma tête. Il empêchait l'eau d'envahir ma gorge, mais il m'empêchait d'avancer. Je coulais encore, chaque fois plus profondément mais j'étais chaque fois plus proche de la petite fille sur sa plaque de glace trop fine. En tentant d'échapper à l'eau bleue et trouble mais chaude, j'ai vu se tendre la main de cette petite fille, entourée de châles pour lui tenir chaud. Elle avait les cheveux sales, elle ne disait pas un mot. Elle avait franchement l'air de ne pas avoir peur. Moi, oui. Et je coulais. Et lorsque j'ai pris sa main, la plaque de glace s'est enfoncée avec moi. Je voulais la lâcher, je ne pouvais pas. Ou bien elle ne voulait pas. Deux ou trois fois, j'ai lutté contre l'eau pour faire remonter la petite fille et sa plaque de glace mais elle ne lâchait jamais ma main. Et je ne respirais plus, la surface était toujours plus loin. Et l'eau toujours tiède. Pleine de neige et de glace mais tiède.
Lorsque le réveil a sonné, j'essayais toujours d'atteindre la surface. De me sauver, un peu. Je ne sais pas qui de moi ou de la petite fille tirait l'autre vers le fond.

be your own.

lundi 29 juin 2009

Ce qu'il y a de rassurant, dans ce semestre réussi et les compliments dans le couloir du 8e étage, ce n'est pas tellement d'être redevenue la fille prometteuse que j'avais perdue. Ça, c'est surtout bon pour mon complexe de supériorité. Ce qu'il y a de rassurant, là-dedans, c'est que chaque fois que j'avais l'impression d'avoir trouvé le bon endroit, chaque fois que je disais "Je suis venue parce que je cherche mon destin" et que je pensais "Et j'en tiens peut-être un morceau", je me donnais 3 chances sur 4 de m'être trompée. Maintenant, puisqu'il y en a d'autres qui placent en moi des espoirs qui semblent être l'écho de ceux que j'ai peur de reconnaître, je peux peut-être réduire mes estimations.

Bon, par contre, prendre le RER en pensant à cultiver les espoirs des autres et des réflexions sur l'objectivité des mathématiques, ce n'est pas prudent.


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Andrew Bird - Banking on a myth
via FoxyTunes

if you ever go to.

dimanche 28 juin 2009

Marseille, c'est
I'm thirteen
Again,
Am I thirteen
For good ?


Il y a une nuée de piqûres de moustiques sur mes jambes et mes bras, les hématomes post-déménagement ne partent pas, j'ai couru en talons hauts pour ne pas rater mon train, je n'ai pas pu emporter tous mes Card, Bob Dylan est affiché sur le placard de ma cuisine, mardi soir à 23h dans ma boîte mail il y avait la confirmation de ma mission secrète, alors j'ai acheté des chaussures. Depuis, je tourne sur moi-même.

\o/.

dimanche 21 juin 2009

Mon nouveau chez-moi a presque trois fois plus de place que le précédent, il y a 18 ou 20 fois plus d'endroits où ranger des choses, la cuisine est 4 fois plus grande, je peux mettre tous mes livres au même endroit, déplier la table et continuer à me déplacer, ranger mes vêtements, manger ailleurs que sur mon lit, et faire tout ce que je veux ailleurs que sur mon lit, prendre des bains, ne pas faire la vaisselle chaque fois que j'ai besoin de quelque chose, laisser le clic-clac déplié, me promener toute nue, laisser la fenêtre ouverte. En plus des choses étonnantes dont je ne me servirai jamais comme un sèche-cheveux, un pèse-personne, un ouvre-boîte à manivelle, des chausse-pieds, un répondeur, il y a même un spot wifi à proximité.

Par contre, j'ai cassé ma cafetière.

picture a different.

vendredi 19 juin 2009

Ce matin, je suis arrivée en avance au travail, ça ne présageait rien de bon.

5h30 plus tard, j'avais l'air de vouloir tirer à vue sur tout ce qui passait devant moi (et les gens, s'ils me parlent, ont l'air de s'excuser et un petit sourire crispé), de la musique tellement fort que je n'entendais pas le son de mes talons sur le sol luisant du hall, la signature du bail de ce soir, tout ce que je n'ai pas encore fait, mes crampes d'estomac et la seconde partie du mail de l'homme aux fossettes en tête.

"Donc ça reste une mesure très exceptionnelle qui tient au sujet que vous avez choisi."

Je n'ai tiré sur personne, recueilli quelques sourires crispés, signé le bail, respiré l'odeur légère du jardin propre de mes futurs nouveaux voisins, payé mon loyer, fermé la porte en attendant demain, mon nom est sur la boîte aux lettres, il faut que je m'occupe de mon abonnement internet, que je termine mes cartons-valises, que je mange les deux yaourts qui restent, que je dorme un peu pour ne tirer à vue sur personne et que je m'épile les jambes.

Et dans une dizaine de jours, je ne soutiens pas mon mémoire.
Non, je serai en mission secrète.

(Une mesure très exceptionnelle, ça m'inquiète, moi.)

(Je suis sûre que tout ça n'a rien à voir avec mes seins.)

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Red Hot Chili Peppers - Savior
via FoxyTunes

Libellés :


jeudi 11 juin 2009

J'en aurais presque fini par faire une overdose de Kurt.

(Presque.)

Depuis trois nuits, je rêve de mes résultats. Pourtant, je vais devoir attendre encore une semaine. J'aimerais mieux ne pas en rêver toutes les nuits, c'est fatigant.
J'aimerais pouvoir terminer l'année en disant que je l'ai réussie.
Je voudrais qu'on se taise et qu'on ne dise pas comme E. "Je suis sûre que c'est un travail de qualité" avec une voix douce comme celle d'une maman trop gentille et un mignon petit accent mexicain. Quand les gens présupposent que mon travail est de qualité, ça me fait l'impression d'un procès d'intention. [Edit : sauf l'homme aux fossettes. L'homme aux fossettes a droit de dire ça. Mais parce que lui, il a sûrement vachement plus raison que E. même s'il est moins gentil.] Ça me fait l'effet d'être une petite chose trop fragile à laquelle on doit dire des gentillesses.

En retournant à la bibliothèque, après avoir rendu mon dernier travail, j'entendais mes propres mots résonner dans ma tête.

En ce moment, chaque fois que je veux dire "résonner", j'écris "raisonner", ça me perturbe. Mes mots ne raisonnent pas, il ne faut pas exagérer.

must be strangely.

vendredi 5 juin 2009

J'ai eu la confirmation de la résiliation de mon bail, pas décidé de ce que je ferai de ma vie, tué beaucoup de blattes, inondé ma salle de bain, perdu mon temps à travailler, passé le reste à lutter contre le Zeitgeist, trouvé le meilleur sandwich de la terre, écrit 20 pages, pas compris un livre, raté un examen et mis fin (dans la souffrance) à ma relation avec la théorie des ensembles, photocopié du Gödel, asphyxié une blatte sous un verre avec de l'eau de javel et c'est dé-goû-tant, changé d'avis trois fois en trois minutes avant de me décider à rester écouter un séminaire, absolument rien compris à 1h30 de conférence : les mots qui sortaient de la bouche de ce grand philosophe qu'ils regardaient tous avec une déférence proche de la tendresse ressemblaient à l'écho d'une bouillie d'anglais, pas eu de nouvelles de mon mémoire, découvert une nouvelle idole potentielle : un philosophe américain à la voix étonnante et qui ressemble à un ancien marine, encore acheté des chaussures, trouvé une autre raison d'épouser l'homme aux fossettes.

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Alanis Morissette - Eight easy steps
via FoxyTunes






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